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  • : Bordeaux Urbanisme Centre d'affaires Politique
  • : De plus en plus d'urbanistes, d'architectes et même de collectivités mettent en avant les atouts de la densité. Le projet de centre d'affaires est une occasion exceptionnelle pour Bordeaux d'expérimenter l'urbanisme vertical, à l'instar d'autres villes européennes. Ce blog a pour ambition de relayer les avantages d'un pôle tertiaire dense, là où l'étude présentée par le cabinet TGT se révèle être en demi-teinte.
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Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /Fév /2008 15:43

L'Homme s'est toujours référé à lui-même, par priorité, pour mesurer : pouces, pieds, coudes... Il n'est pas rare d'entendre de telles références pour caractériser nos villes. Habitants, politiques sont ainsi amenés à plaider pour des villes à taille humaine, pour des bâtiments à taille humaine...Par conséquent, aucune tour ne saurait être projetées dans nos villes à taille humaine. Mais quel est véritablement le sens à donner à cette échelle humaine ? Il apparaît que ce concept est avant tout fonctionnel, aucune définition stable ne pouvant lui-être donnée. Il est fonction des besoins, fonction de ce qui doit être démontré.


L'échelle humaine, un concept fonctionnel

L'échelle humaine est argument de communication, si bien que de nombreuses collectivités s'en revendiquent. Il est de bon ton d'être de taille humaine. Une ville à taille humaine, cela donne quoi ? Des bâtiments de 170cm de haut ? Une ville peut-elle être à taille humaine ? Les villages ne sont-ils pas plus à l'échelle humaine ? Une rapide recherche sur la toile permet de se rendre compte de la non-pertinence du concept d'échelle humaine. L'on apprend ainsi que le Limousin a une économie à taille humaine ; que Troyes est une ville où il fait bon vivre en raison de sa taille humaine. Mais on apprend également que San Francisco est de taille humaine, de même qu'Ottawa est une grande ville à taille humaine (il y aurait donc des petites villes à taille humaine ?). Saint-Jean de Montclar (399 habitants) revendique la même échelle. Il faudrait déduire de cette recherche qu'une collectivité comprise entre Saint-Jean de Montclar et Ottawa est de taille humaine. Il faut avouer que l'amplitude est assez large. N'est-ce pas là la preuve qu'il ne s'agit que d'un concept fonctionnel, utilisé à des fins de communication, mais qu'il ne s'agit pas d'un concept sensé ? 

La même échelle ?
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Saint-Jean de Montclar                                                                      San Francisco

Dernièrement, un maire s'est exprimé sur la destruction de tours, témoins d'un "urbanisme pas tout à fait à échelle humaine". Au regard de ce qui a été dit précédemment, on peut difficilement comprendre ce qu'il faut entendre par cette formule. D'ailleurs, et c'est ce qui peut être ironique dans l'histoire, il s'agit du maire de Bordeaux, dont l'aire urbaine s'étend de Saint-Jean-d'Illac à Libourne (plus de 40km à vol d'oiseau) et du Pian-Médoc à Cestac (plus de 20km). Une telle aire urbaine, signe d'un étalement urbain impressionnant, est-elle donc plus à taille humaine ? Ce maire veut également faire de Bordeaux une métropole européenne. Une métropole européenne est-elle à l'échelle humaine ? Finalement la taille humaine se retourne contre ceux qui l'invoquent, peut-être un peu trop facilement. 

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Bordeaux, une agglomération à taille humaine ?


L'échelle humaine, un concept indépassable ?

A considérer que ce qui est grand n'est pas à échelle humaine et que, dès lors, seule l'économie du Limousin et le village de Saint-Jean sont à échelle humaine, ne faut-il pas dépasser cette échelle ? Qui a la prétention de faire ressembler Bordeaux au Larzac ? Bordeaux n'est pas un village, il est peut-être temps de l'assumer. Si Bordeaux s'assume pleinement en tant que métropole européenne, elle ne sera évidemment pas à taille humaine (l'est-elle aujourd'hui ?), mais est-ce si malheureux ? A titre d'exemple, à la sortie de l'A380, le géant des airs, qui a dénoncé son gigantisme qui ne correspond pas à la taille humaine ? Lors de la présentation de l'AGV, le train le plus rapide du monde, qui a relevé qu'il circulera 50 fois plus vite qu'un homme ?  Qui n'est pas fier de ces innovations industrielles dont on ne peut pas dire que l'échelle humaine les caractérise ? 

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L'AGV et l'A380, deux fleurons de l'industrie européenne

Dépasser l'échelle humaine, pour peu qu'il y en ait une, n'est pas nécessairement un mal. Les tours ne sont peut-être pas à cette échelle, pas plus qu'une agglomération étalée comme l'est l'agglomération bordelaise, pas plus qu'un parc expo de 800m de long. Pourquoi les tours n'auraient-elle pas dès lors leur place dans la ville ? Surtout quand par tour on entend des bâtiments d'à peine 50m !

Par M.B. - Publié dans : Urbanisme vertical
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Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /Fév /2008 18:39

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Habitantes et habitants du quartier Saint-Jean / Belcier.


Le quartier Saint-Jean / Belcier est promis à une métamorphose de grande ampleur avec la ligne à grande vitesse Sud-Europe-Atlantique. Bordeaux, via Belcier, sera ainsi reliée à Paris en 2h, à Madrid en un peu plus de 3h, à Bilbao en 1h30 et à Toulouse en 1h. Notre ville se trouvera donc au cœur d'un vaste réseau à grande vitesse. C'est pour répondre à ce défi et pour ne pas rater une nouvelle fois l'arrivée du TGV en Gare Saint-Jean que la majorité, comme l'opposition, ont souhaité, dans les mêmes termes, une réflexion sur l'aménagement d'un centre d'affaires d'envergure européenne. C'est exactement l'objet de l'étude TGT.

 

Un centre d'affaires d'envergure européenne ?



De nombreuses réserves ont été émises face à cette étude, notamment lors de la réunion de l'Atelier des Bains-Douches, du 10 juillet 2007. Le collectif Bord'Europe, par la voix de ses membres, a dès le départ émis des réserves quant à la portée européenne du projet. Nous sommes ainsi intervenus lors des diverses réunions, tant de l'Atelier municipal d'urbanisme que de l'Atelier des Bains-Douches. En effet, nous doutons beaucoup de l'envergure européenne d'un tel projet qui sera incapable de rivaliser avec des villes telles que Munich, Marseille, Lille, Lyon, Bilbao, Barcelone, Toulouse ou même Zurich ou Bâle, villes qui revendiquent également la dimension européenne de leur(s) pôle(s) tertiaire(s). Bien qu'Alain Juppé déclare que la question de la forme des bâtiments n'est pas encore tranchée, l'étude TGT mentionne bien des échelles en faisant référence à du R+15 ou à du R+13 ou même en se targuant de réfléchir à un centre d'affaires juste un peu plus haut que la Gare Saint-Jean. Pour le symbole, nous repasserons ! Nous aurions un centre d'affaires d'environ 60m de haut, d'ores et déjà dominé par la résidence le Saint-Jean à proximité, alors que l'envergure européenne, à Marseille, Lille ou Lyon se traduit par des bâtiments bien plus hauts et reconnus avec par exemple Rem Koolhaas à Lille ou Zaha Hadid à Marseille. Finalement, Bordeaux se donnera les moyens de rivaliser avec Saint-Etienne, Poitiers, ou encore Dijon. Est-ce là l'ambition européenne de Monsieur Juppé, de Monsieur Moga ou de Monsieur Respaud ?

Certes, la forme urbaine que nous préconisons pour ce quartier, à savoir une ou deux tours dominant un ensemble relativement bas, se répend. Il suffit de reprendre la liste non-exhaustive dressée plus haut. Seulement, les tours sont moins légions que ne le sont les bâtiments bas ('low-rise') qui, par ailleurs, contribuent à une uniformisation de nos villes de par leur manque d'originalité. Il serait aisé de constater les ressemblances entre des projets en 'low-rise' à Lyon, Bordeaux, Rennes, Nantes... A l'inverse, les tours modernes de Lille, de Lyon, de Marseille et d'autres permettent d'identifier très clairement la ville. Du coup, avec un nouveau projet bas, Bordeaux n'innoverait nullement et ne proposerait pas aux entreprises quelque chose qu'elles ne trouvent pas ailleurs. Il suffit d'aller dans n'importe quelle ville de province pour trouver du 'low-rise' : Reims, Dijon, Nantes... Or ces villes se trouvent ou se trouveront prochainement à moins de deux heures de la Capitale en TGV.

 
 
Un urbanisme nouveau


Par ailleurs, un urbanisme vertical présente de nombreux avantages et notamment dans le domaine écologique. Si pour les bâtiments bas, la norme HQE peine encore à s'appliquer, force est de constater que cette norme est une constante dans les récents projets de tours à travers le monde : par exemple, la tour "Hypergreen" de J. Ferrier serait apte à produire 70% de l'énergie nécessaire à son fonctionnement. Les tours peuvent donc, en elle-même, être des exemples de construction écologique. Mais les tours ont également un effet écologique incident. Les tours permettent effectivement de concentrer les activités humaines avec une faible emprise au sol, ce que ne permet pas un urbanisme horizontal. Ainsi les tours encouragent-elles l'utilisation des transports en commun (une station au pied d'une tour sera, en toute logique, plus fréquentée qu'une station entourée de pavillons) en même temps qu'elles permettent d'économiser l'espace là où l'on dit que l'urbanisme horizontal est "dévoreur d'espace" (c'est la logique de l'étalement urbain qui ensuite appelle la multiplication d'infrastructures telles qu'un grand contournement). L'espace gagné peut alors être mis à profit pour l'aménagement d'espaces verts ou pour l'édification d'équipements collectifs (musée, centre de congrès etc.). Une ou deux tours pourraient comme cela économiser beaucoup de l'espace bâti de l'étude TGT. 

 Il ne s'agit là que de quelques arguments en faveur des tours et contre ce que prévoit l'étude TGT. Mais que l'on se rassure, nous ne prônons pas une solution qui consisterait à faire de Bordeaux un Manhattan-sur-Garonne ! Nous ne souhaitons pas construire des tours juste pour construire des tours. Les tours ne sont qu'un élément d'une logique plus globale et qui n'aboutirait pas à l'émergence de dizaines de tours. Nous ne sommes ni des "obsédés par les tours", pas plus que nous faisons preuve d'un "enthousiasme démesuré". Nous voyons dans les tours des outils prometteurs de l'aménagement et du développement de nos villes, mais également des monuments du XXIème siècle, qui nécessiteraient donc une attention particulière quant à l'esthétique et quant au nombre (le nombre nuit à la monumentalité : 10 colonnes des Girondins, serait-ce encore un monument ?).
 
 
Contacts


Conscients de toutes ces données, nous avons créé un collectif du nom de Bord'Europe (en référence à Bordeaux en Gascon : Bordeù, et à la dimension européenne voulue pour ce centre d'affaires) afin d'affiner nos réflexions sur cette forme urbaine innovante. Nous avons d'ailleurs ouvert un blog (
http://bord-europe.over-blog.com/) et un forum (http://bord-europe.jforum.biz/) et nous serons très heureux de discuter plus longuement avec vous sur l'un ou l'autre de ces supports informatiques. Il vous est également loisible de nous contacter par courrier électronique pour avoir de plus amples informations (bord-europe@hotmail.fr).
 
 

Nous vous remercions d'avoir pris le temps de lire ces quelques lignes et nous espérons vous retrouver prochainement sur le blog et sur le forum.
 
 
Cordialement.
 
 


Le collectif Bord'Europe
Par MB - Publié dans : Communications
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Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /Fév /2008 18:45
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Habitantes et habitants du quartier Saint-Jean / Belcier.

 
L'actualité en matière d'architecture est très riche. Plusieurs villes françaises ont, en effet, annoncé de grands projets pour leurs pôles tertiaires.


 
Le cas lyonnais


Un nouveau projet de tour était étudié pour le quartier d'affaires de la Part-Dieu, au centre de Lyon. Le projet a été dévoilé dernièrement et il devrait donner naissance à une tour pour 2013. Les caractéristiques de cette tour sont très impressionnantes pour un projet de Province et il faut noter l'ambition de Lyon, qui tend à s'inscrire comme une métropole européenne incontournable. C'est une tour de 200 mètres qui devrait s'ériger au centre de Lyon, à proximité immédiate du cœur historique classé au patrimoine mondial de l'humanité.
 
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La Part-Dieu peaufine son allure comme l'indique Gérard Collomb, Maire de la Ville. C'est également l'occasion selon lui, de montrer sa volonté de lutter contre l'étalement urbain. La tour répond également au label HQE. Pour le Maire, cela en fait un projet doublement écologique. L'exemple lyonnais appuie ainsi notre raisonnement qui consiste à mettre en évidence le double intérêt écologique que peut représenter l'urbanisme vertical. L'exemple lyonnais montre également que l'urbanisme vertical a tout à fait sa place dans nos villes, sans que cela ne vienne les dénaturer (Lyon est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO comme l'est Bordeaux).
 
Interview de Gérard Collomb : http://www.lyonmag.com/gallery_video.php?id=95
http://img85.imageshack.us/img85/6987/montagelukkj2.jpg
 

 

Le cas toulousain


Fortement spécialisée dans l'aéronautique et confrontée à la concurrence des villes européennes pour l'accueil de Galiléo, Toulouse a eu pour projet d'aménager un vaste espace aujourd'hui en dehors de la ville, en vue de la construction de 193000m² de bureaux.
 
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Lors de la présentation du projet, le Président du Grand Toulouse, Philippe Douste-Blazy, a fait part de l'ambition de Toulouse, tant sur le plan économique que sur le plan architectural. Cette ambition nouvelle tranche très clairement avec le peu d'ambition qu'inspirait la première version du projet. En effet, il fut d'abord envisagé d'aménager l'espace de manière très classique avec une succession d'immeubles bas, à l'image de Toulouse-Labège-Innopôle.
 
Le projet hier...
http://img465.imageshack.us/img465/6154/arospacecampusmc5wa8.png
 
Le projet dévoilé rompt nettement avec cette approche puisqu'il prévoit la construction d'une tour de 120 mètres et d'immeubles plus bas articulés autour d'un vaste plan d'eau. Le projet a donc pris plus de hauteur et plus d'ampleur. Là encore, la haute qualité environnementale a guidé la réflexion des futurs aménageurs et des décideurs. Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse, met lui aussi en avant l'intérêt que présente de tels projets pour la lutte contre l'étalement urbain, d'autant qu'il s'agit cette fois d'aménager un espace vierge. C'est l'occasion pour MM Moudenc et Douste-Blazy d'envisager le développement futur de la ville avec d'autres projets d'immeubles de très grande hauteur pour le centre d'affaires de la ville, au niveau de la Gare Matabiau.
 
... et aujourd'hui
http://item.slide.com/r/1/0/i/psCOIKpE6D94BWnpTI5oOWFvEN1cn-bo
 
 
A Bordeaux

 
En décembre, Jean Nouvel a présenté de nombreux projets pour l'agglomération bordelaise, dont une tourette sur l'îlot Saint-Jean, en face de la Gare. Jean Nouvel propose cette expérience pour des logements. C'est une expérience quelque peu unique en France dans la mesure où les villes françaises, parfois audacieuses pour leurs pôles tertiaires, hésitent encore à la construction en hauteur pour les logements. C'est donc une tourette d'environ 50 mètres et de 15 étages qui va s'élever dans le quartier. L'idée selon laquelle Bordeaux est une ville basse sera définitivement rangée au rang des mythes. Bordeaux n'est pas une ville basse comme en témoigne ce projet. Ce type d'argument ne saurait donc être opposé à la construction d'un centre d'affaires véritablement ambitieux, comme à Lyon ou à Toulouse ! A quand un projet ambitieux pour Belcier et pour Bordeaux ? Comment Bordeaux, audacieuse pour ses logements, renoncerait à un urbanisme novateur pour son centre d'affaires d'envergure internationale ?
 
http://img524.imageshack.us/img524/8606/stjeantour02hf7.jpghttp://img530.imageshack.us/img530/5414/stjeanmaquettept5.jpg
 
D'ailleurs, une nouvelle étude, du cabinet Ernst & Young, vient de démontrer la pertinence d'un centre tertiaire de 200 à 250000m² à proximité de la Gare Saint-Jean. Les chiffres n'ont rien de comparables à l'étude TGT qui ne prévoyait qu'un pôle de 134000m², comparant le dynamisme bordelais à celui de Metz et de Nancy. Au regard de la récente étude, il semble que la comparaison ne soit pas pleinement satisfaisante. C'est donc 200 à 250000m² de bureaux qu'il faudra aménager selon l'étude Ernst & Young. Les alternatives sont minces : soit on bâtit sur les espaces libres conservés par l'étude TGT du R+1, soit on construit résolument en hauteur, ce qui peut se traduire par des gains d'espace. En France, seule Nantes s'est lancée dans la construction d'immeubles bas, peu audacieux, pour son « Euranantes » !
 
Bordeaux suivra-t-elle la voie de l'ambition ?

 

Par M.B. - Publié dans : Communications
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