Habitantes et habitants du quartier Saint-Jean / Belcier.
L'actualité en matière d'architecture est très riche. Plusieurs villes françaises ont, en effet, annoncé de grands projets pour leurs pôles
tertiaires.
Le cas lyonnais
Un nouveau projet de tour était étudié pour le quartier d'affaires de la Part-Dieu, au centre de Lyon. Le projet a été dévoilé dernièrement et il devrait donner naissance à une
tour pour 2013. Les caractéristiques de cette tour sont très impressionnantes pour un projet de Province et il faut noter l'ambition de Lyon, qui tend à s'inscrire comme une
métropole européenne incontournable. C'est une tour de 200 mètres qui devrait s'ériger au centre de Lyon, à proximité immédiate du cœur historique classé au patrimoine mondial de
l'humanité.
La Part-Dieu peaufine son allure comme l'indique Gérard Collomb, Maire de la Ville. C'est également l'occasion selon lui, de montrer sa volonté de
lutter contre l'étalement urbain. La tour répond également au label HQE. Pour le Maire, cela en fait un projet doublement écologique. L'exemple lyonnais appuie ainsi notre
raisonnement qui consiste à mettre en évidence le double intérêt écologique que peut représenter l'urbanisme vertical. L'exemple lyonnais montre également que l'urbanisme vertical a tout à
fait sa place dans nos villes, sans que cela ne vienne les dénaturer (Lyon est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO comme l'est Bordeaux).
Le cas toulousain
Fortement spécialisée dans l'aéronautique et confrontée à la concurrence des villes européennes pour l'accueil de Galiléo, Toulouse a eu pour projet d'aménager un vaste espace aujourd'hui
en dehors de la ville, en vue de la construction de 193000m² de bureaux.
Lors de la présentation du projet, le Président du Grand Toulouse, Philippe Douste-Blazy, a fait part de l'ambition de Toulouse, tant sur le
plan économique que sur le plan architectural. Cette ambition nouvelle tranche très clairement avec le peu d'ambition qu'inspirait la première version du projet. En effet,
il fut d'abord envisagé d'aménager l'espace de manière très classique avec une succession d'immeubles bas, à l'image de Toulouse-Labège-Innopôle.
Le projet hier...
Le projet dévoilé rompt nettement avec cette approche puisqu'il prévoit la construction d'une tour de 120 mètres et d'immeubles plus bas
articulés autour d'un vaste plan d'eau. Le projet a donc pris plus de hauteur et plus d'ampleur. Là encore, la haute qualité environnementale a guidé la réflexion des futurs
aménageurs et des décideurs. Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse, met lui aussi en avant l'intérêt que présente de tels projets pour la lutte contre l'étalement urbain, d'autant qu'il
s'agit cette fois d'aménager un espace vierge. C'est l'occasion pour MM Moudenc et Douste-Blazy d'envisager le développement futur de la ville avec d'autres projets d'immeubles de très
grande hauteur pour le centre d'affaires de la ville, au niveau de la Gare Matabiau.
... et aujourd'hui
A Bordeaux
En décembre, Jean Nouvel a présenté de nombreux projets pour l'agglomération bordelaise, dont une tourette sur l'îlot Saint-Jean, en face de la
Gare. Jean Nouvel propose cette expérience pour des logements. C'est une expérience quelque peu unique en France dans la mesure où les villes françaises, parfois audacieuses pour leurs
pôles tertiaires, hésitent encore à la construction en hauteur pour les logements. C'est donc une tourette d'environ 50 mètres et de 15 étages qui va s'élever dans le quartier. L'idée selon
laquelle Bordeaux est une ville basse sera définitivement rangée au rang des mythes. Bordeaux n'est pas une ville basse comme en témoigne ce projet. Ce type d'argument ne saurait donc être
opposé à la construction d'un centre d'affaires véritablement ambitieux, comme à Lyon ou à Toulouse ! A quand un projet ambitieux pour Belcier et pour Bordeaux ? Comment Bordeaux, audacieuse pour
ses logements, renoncerait à un urbanisme novateur pour son centre d'affaires d'envergure internationale ?

D'ailleurs, une nouvelle étude, du cabinet Ernst & Young, vient de démontrer la pertinence d'un centre tertiaire de 200 à 250000m² à
proximité de la Gare Saint-Jean. Les chiffres n'ont rien de comparables à l'étude TGT qui ne prévoyait qu'un pôle de 134000m², comparant le dynamisme bordelais à celui de Metz et de Nancy. Au
regard de la récente étude, il semble que la comparaison ne soit pas pleinement satisfaisante. C'est donc 200 à 250000m² de bureaux qu'il faudra aménager selon l'étude Ernst & Young. Les
alternatives sont minces : soit on bâtit sur les espaces libres conservés par l'étude TGT du R+1, soit on construit résolument en hauteur, ce qui peut se traduire par des gains d'espace. En
France, seule Nantes s'est lancée dans la construction d'immeubles bas, peu audacieux, pour son « Euranantes » !
Bordeaux suivra-t-elle la voie de l'ambition ?